


Défense d’une vraie justice en Tunisie
Par raymond beltran, à 14:44 :: Personnalités :: #328
Mokhtar Yahyaoui a écrit une lettre ouverte au Président de la Tunisie pour dénoncer les pressions politiques et la totale absence d’indépendance des juges tunisiens : il n’y pas de démocratie sans séparation des pouvoirs.
Si cette séparation n’a été que théorique en France jusqu’à il y a peu, elle avance et devient de plus en plus réelle : Il nous faut encore progresser dans cette voie en empêchant le passage des magistrats dans des fonctions politiques pour revenir dans des fonctions judiciaires, au risque de troubler la sérénité de leurs jugements ultérieurs.
Mais, si en France les risques sont minimes pour les juges qui bravent le pouvoir politique, en Tunisie ils sont considérables et pas seulement pour leur carrière future. Courage de ce juge pour défendre l’honneur d’une justice asservie par un pouvoir autoritaire et dont le caractère vindicatif pour ses contestataires est bien connu !
Il est encore bien seul, mais... en France, il n’y eut aussi, naguère, qu’un seul à oser refuser de prêter serment d’allégeance à Pétain et à la justice collaboratrice : le courage est plus facile dans une démocratie que dans les régimes discrétionnaires.
Mokhtar Yahyaoui écrit qu’en absence de changement il est prêt à aller en prison « si c’est le meilleur endroit pour que je me sente digne, libre, et avec la conscience tranquille ». L’honneur d’un juge !... Un juge revendiquant l’honneur pour une justice qui ne serait plus soumise...
Ibn Khaldoun rappelait que « la justice est à la base de toute civilisation ». Nous ajoutons que sans elle il n’y a pas de Droits de l’Homme. Défenseurs d’une citoyenneté libre, nous sommes fiers de ce juge !
Raymond BELTRAN
le 19 juillet 2001
