


Une culture de la ''« casse »''
Par raymond beltran, à 18:44 :: Société :: #367
Lorsque des mineurs sont mécontents des menaces qui demeurent sur l’exploitation de leur mine, ils « cassent » la permanence du député pour se venger d’une phrase suspecte qu’il aurait prononcée.
Lorsque des viticulteurs sont mécontents des difficultés d’écoulement de la dernière récolte, ils « cassent » une gare sur le chemin du retour. Ils étaient encouragés par l’ambiguïté d’un orateur en fin de manifestation : «Vous savez ce qui vous reste à faire. Maintenant vous allez vous organiser pour faire la démonstration que vous n’avez pas oublié vos c... dans un tiroir... »
L’attitude de compréhension de ces agissements est très répandue parce que « si l’on ne casse pas on n’est pas entendus » : ainsi, les protestations ont été rares et assourdissant le mutisme sélectif de certains politiques.
Lorsque des jeunes de certains quartiers « cassent » pour se venger d’une société qui les rejette, alors là, oui, on entend bien des concerts de réprobation à leur égard, de la part des silencieux, contre les responsables, taxés d’immigrés, ce qui les rend moins sympathiques.
Pas plus que le terrorisme, nous ne pouvons défendre la violence en démocratie, quelle qu’elle soit. Ni cette fausse solidarité professionnelle qui encourage des casseurs à persister dans leur comportement.
Personne ne s’interroge pour savoir qui paie la « casse » ? ni s’il n’y a pas d’autres moyens de lutte que de « casser » le matériel de la SNCF ou des services de l’Etat, pour des millions, à la charge des contribuables.
Après cela, on s’interrogera sur les incivilités des jeunes des quartiers difficiles, en oubliant l’exemple asocial qu’ils reçoivent de certains adultes !
Raymond BELTRAN
le 05 juillet 2001
