Avec Alain Bentolila, professeur de linguistique, qui a publié un article dans le Monde du 15 mai, nous disons que les langues régionales ne vivront pas mieux parce qu’on les rendra obligatoires à l’école. Pas plus que le latin n’est devenu vivant parce qu’il a été enseigné pendant des lustres.
Car une langue vit par son usage et elle n’évolue et ne s’enrichit que quand elle est sollicitée par les besoins de la vie : La priorité de l’école est de « donner à tous les élèves les possibilités de parler juste, de lire juste et d’écrire juste dans la langue de leur pays » et « croire que l’école peut modifier les rapports de forces sociolinguistiques est une illusion. »
Ainsi, sous prétexte de faire revivre une langue de culture régionale, sans être capables de changer le cours de l’histoire, on va tomber dans deux travers dont les jeunes seront les victimes :
- la priorité donnée à une langue locale, se jouera contre la langue nationale, avec l’objectif de séparation dans un isolément régional ;
- la priorité donnée à une langue locale diminuera les chances données aux jeunes d’apprendre les deux langues étrangères indispensables aujourd’hui, en plus du français.
Nous ne souhaitons pas couper les jeunes de la culture locale, qui doit rester une option.
L’essentiel est de les préparer à la vie active, de leur donner le maximum de chances et ce n’est pas la priorité régionale qui leur offrira un avenir, dans le contexte européen et mondial.
Raymond BELTRAN
le 07 juin 2001