Le lendemain, le journal italien La Repubblica a consacré son éditorial à ce discours, se demandant « Qui défend l’Etat laïque ? » Car, en Italie, la séparation des pouvoirs est bien inscrite dans la loi : l’art. 7 de la Constitution de décembre 1947 indique que l’ « L’Etat et l’Eglise catholique sont, chacun dans son domaine, indépendants et souverains » et l’art. 8 que « Toutes les confessions religieuses sont également libres devant la loi ».
Mais, le cardinal Soldano avait rencontré, à sa demande, les candidats, pour leur soumettre les exigences du Vatican et le parti chrétien-démocrate s’était déjà engagé à changer la loi de 1978 qui autorise l’IVG... La Curie, si elle a fini par admettre en 1929, au Traité de Latran, qu’elle avait perdu l’exercice du pouvoir direct sur les Etats du Pape, n’a jamais admis de perdre le pouvoir politique, à travers la démocratie chrétienne et les partis de droite.
L’archevêque de Bologne avait en septembre 2000 appelé à se dresser contre l’invasion de l’Islam, sans que personne ne désavoue le cardinal Biffi. Pendant la dernière campagne, la presse italienne relatait les menaces d’excommunication d’un curé contre ceux qui voteraient à gauche...
Le Vatican tente toujours de reconquérir la maîtrise des consciences et à imposer à tous la loi religieuse. La laïcité est fragile en Italie, comme partout où la religion domine, malgré les dispositions légales de séparation de l’Eglise et de l’Etat. La notion de laïcité est aussi comprise et défendue par les républicains au-delà des Alpes.
Raymond BELTRAN
le 24 mai 2001