Nous ne pouvons pas être insensibles au désespoir d’un peuple, pris en étau entre l’intégrisme criminel et la répression d’une armée défendant le pouvoir d’une caste et l’enrichissement de quelques uns.
L’Algérie nous est proche. Le passé récent, conflictuel, n’a pas effacé l’amitié. Les perspectives démocratiques s’éloignent toujours plus. Rien ne semble pouvoir canaliser les énergies. C’est aux Algériens de choisir leur avenir. Mais tout est à craindre, car le désespoir aboutit souvent à des choix désespérés.
Devons-nous soutenir un pouvoir militaire autoritaire ? Est-ce le seul rempart face à un intégrisme qui pourrait faire de l’Algérie un deuxième Afghanistan aux portes de l’Europe ? Quelles conséquences cela aurait pour les français musulmans de chez nous ?
L’affirmation d’institutions vraiment laïques, en France, qui ne considèrent pas les citoyens de confession islamique comme citoyens de seconde zone, est un impératif.
Nous devons refuser la tentation de la religion d’Etat, pour que l’Islam intégriste ne devienne pas le refuge des jeunes d’origine maghrébine rejetés par la société française.
Pour les Français de confession musulmane la laïcité est une chance. Elle pourrait l’être aussi en Algérie, dans la séparation de la Mosquée et de l’Etat.
Raymond BELTRAN
le 10 mai 2001