Un culte est ainsi reconnu, de fait, parmi les autres, en contradiction avec la laïcité des institutions. La loi de 1905 sur la séparation des églises et l’Etat n’est pas respectée. Pas plus que le précepte évangélique de « rendre à Dieu ce qui est à Dieu et à César ce qui est à César ».
La cérémonie républicaine officielle ne commence qu’à partir du rassemblement, excluant les cultes, qui n’en font pas partie.
Chaque Eglise, Synagogue ou Mosquée a le droit et peut s’associer aux cérémonies. Mais les non croyants, les croyants non pratiquants, majoritaires dans le pays, n’ont pas à être forcés à participer à un rassemblement religieux particulier pour pouvoir suivre la commémoration.
Il y a trop d’empiètements de la religion sur les célébrations républicaines. Trop d’emprise du religieux sur l’Etat. Trop de faiblesse des autorités civiles devant la pression de l’église catholique pour récupérer les célébrations officielles. Les laïques, croyants ou non, doivent dénoncer les pratiques contraires à la loi.
Ce serait une fausse tolérance de ne pas réagir. Respecter les religions n’est pas les laisser régir la vie des institutions. Ce n’est pas laisser une religion profiter de sa prépondérance passée pour prendre le pas sur les autres. La liberté de croyance n’est pas conciliable avec la préférence officielle pour l’une, excluant de fait les autres.
La religion fait partie du domaine privé de chacun. Elle doit le rester si l’on veut que la République soit ouverte à tous les citoyens sans distinction.
Raymond BELTRAN
le 26 avril 2001