


L’IVG toujours contestée au nom de la morale religieuse
Par raymond beltran, à 16:23 :: Fanatismes :: #354
Il y a eu 30 ans, le 5 avril, que le manifeste des 343 posait la question de l’avortement, alors interdit en France mais autorisé en Angleterre.
La loi de 1920 interdisait la publicité et l’usage des contraceptifs, malgré environ 1 million d’avortements clandestins par an. Pour bénéficier d’un environnement médicalisé il fallait aller ailleurs et avoir les moyens de payer.
La loi Veil de 1975 en finit avec les poursuites judiciaires. Elle mit fin aussi aux 4 000 décès par an des suites infectieuses des avortements. Mais ce ne fut pas la fin des réticences des nostalgiques des naissances non choisies.
Tous ceux qui invoquaient des motifs religieux, sous couvert de morale, pour empêcher le recours à l’IVG, ne se sont pas contentés d’agrémenter le parcours administratif d’obstacles dissuasifs. La pression, contraire à la loi, s’exerça par des manifestations devant certaines cliniques ou services hospitaliers, intimidant le corps médical et les patientes.
Les campagnes culpabilisantes n’ont reculé devant aucun excès : embryons « victimes de génocide », comparaison avec l’holocauste des juifs, même si les adversaires les plus déterminés contestent par ailleurs celui-ci. Pressions et intimidation morale, en France. Recours, en plus, à l’assassinat de médecins aux USA.
Les croyants peuvent refuser pour eux le recours à l’IVG et à la contraception. Personne ne le leur impose. Mais leur objectif est plutôt de refuser aux autres ce droit.
Nous sommes dans le domaine de l’intolérance. On ne revendique pas une morale pour soi, ce qui serait légitime. On cherche à imposer aux autres ses propres conceptions religieuses.
Raymond BELTRAN
le 12 avril 2001
