Le nouveau Président des EE.UU., dont les opinions conservatrices s’alimentent d’une religion fortement affichée, ne se contente pas du droit à avoir la croyance de son choix : Il veut favoriser l’action des associations caritatives des églises.
Il s’apprête à distribuer des crédits gouvernementaux abondants à ces associations, leur cédant l’action sociale. Il veut substituer à une action neutre, une autre basée sur la charité, au service du prosélytisme d’une foi.
Les « laïques » (car ils existent bien là-bas aussi !) s’inquiètent à juste titre. Ces crédits seront distribués sous l’égide de religions et de sectes, qui en tireront prestige auprès des plus démunis. Mais cet argent servira aussi à payer les frais de fonctionnement et de propagande, notamment les Bibles et autres documents gratuits.
L’Association pour la séparation entre l’Etat et les églises, dont le président est un pasteur protestant, le révérend Barry Linn, dénonce « la plus grande violation de ce principe dans notre histoire ».
Certains redoutent des rivalités entre cultes se disputant la manne de dollars.
Dès que la laïcité est oubliée, apparaissent les oppositions entre croyants et entre croyants et non croyants. Car le respect de la laïcité est un facteur de cohésion sociale et de liberté de croyance.
Raymond BELTRAN
le 15 février 2001