Sous le lobbying des Eglises, a été remplacée la notion de « manipulation mentale » par « l’abus frauduleux de l’état d’ignorance ou de la situation de faiblesse ».
Parallèlement, un document de l’épiscopat français admet que dans certaines communautés catholiques il existe des « dérives sectaires ».
C’est enfin une reconnaissance, même prudente, que la sujétion mentale, par « directeur de conscience » interposé, par « supérieur » ou « supérieure », peut dépasser les limites normales d’un enseignement pour devenir contrainte et empêchement de toute liberté individuelle.Des abus ont été dénoncés par des associations de parents catholiques (AVREF).
Si la religion reconnaît l’Homme, libre, comme elle le proclame, il faudra stigmatiser toutes les entraves à la liberté de croyance, mais aussi toutes les pressions, dans une foi, contraires à la liberté de pensée individuelle.
On ne pourra pas vaincre les « dérives sectaires » que si chacun accepte, à côté de la liberté de croyance, l’entière liberté des individus de se désengager ; que si dans toute association, même religieuse, il est admis que l’individu est et demeure libre, et qu’il ne peut pas être mis en état de dépendance psychologique, ni rançonné par des obligations de dons.
Il faut aider les proches pour qu’ils puissent contacter les adeptes librement, hors de toute tutelle et contrainte physique ou mentale, même s’ils sont majeurs. La soustraction à tout contrôle est un symptôme inquiétant, qui doit interpeller la justice.
Raymond BELTRAN
le 01 février 2001