Pour eux, nous devrions, au nom de la tolérance, accepter les manifestations publiques du religieux dans les cérémonies officielles et l’enseignement religieux dans les écoles.
Mais il faut s’entendre sur ce que veut dire manifestations publiques et ce que veut dire enseignement des religions. Ce ne peut être que l’Etat ferait sienne une religion sous prétexte qu’elle a été dominante dans le passé. Ce ne peut être que l’école s’ouvrirait à l’enseignement et au prosélytisme d’une ou des religions.
Déjà les programmes d’histoire font une place à l’enseignement de la civilisation dont les origines gréco-latines sont fortement influencées par la religion chrétienne. Il ne faut pas l’ignorer : leur accusation cache, en fait, la demande d’entrée dans les écoles des « prêtres » pour enseigner des religions particulières.
Les laïques respectent le fait religieux mais ils exigent, aussi légitimement, la réciproque de la part des non-laïques.
Les laïques exigent le respect des autres croyances religieuses par les tenants de telle religion dite dominante. Ils exigent aussi le respect de la non croyance religieuse. N’oublions pas que les non-croyants et les non- pratiquants sont de plus en plus majoritaires dans notre pays.
Il ne s’agit pas de vouloir pallier à la faiblesse des croyances religieuses par le retour à un enseignement religieux officiel. Encore moins d’invoquer la tolérance de la laïcité pour l’obtenir.
Raymond BELTRAN
le 04 janvier 2001