A l’aube du XXIè siècle, quelle est la place de la laïcité ? L’on répète souvent qu’elle n’a de sens que pour les Français : C’est la réduire à l’opposition qu’elle a dû mener contre la religion dominante, qui voulait garder ses privilèges, dans le contexte de l’instauration d’une République contestée alors fortement par l’église catholique.
Ces luttes furent nécessaires. Mais elles ne renvoient pas pour autant le concept de laïcité au passé, quand on constate comment on voudrait, sous prétexte de situation acquise, imposer un retour de la religion au plan officiel, en rupture avec la loi de séparation de 1905, fondement de la laïcité.
Il faut donc maintenir la vigilance, pour qu’elle ne soit pas dénaturée ou pervertie. Mais la laïcité a aussi un avenir en Europe et dans le monde par les valeurs positives de coexistence qu’elle véhicule.
Si les libertés de croyance et de pensée se sont imposées, c’est parce que les Etats théologiques, dominés par une religion ne sont plus de mise quand la laïcité émerge.
Les fondamentalismes intégristes d’Iran, d’Afghanistan, d’Israël et d’ailleurs empêchent la vie en communauté de droits de ceux qui ne partagent pas la religion dominante : ils sont l’illustration opposée à notre conception de la société.
La laïcité c’est la séparation de ce qui est public, institutionnel, qui doit rester neutre, et de ce qui relève du domaine des croyances, qui doit être libre si ce n’est pas imposé aux individus et si cela n’amène pas à des agissements illégaux.
Raymond BELTRAN
le 28 décembre 2000