Mais une querelle a été développée par les tenants d’un lobby qui voulaient que la Charte fasse référence aux racines religieuses, base culturelle, pour eux, de tous les droits européens.
C’est faire l’impasse sur les périodes d’intolérance religieuse et de combat contre les Droits de l’homme « impies et contraires à la religion » pour Mgr Freppel en 1885. C’est faire l’impasse sur le fait qu’il a fallu attendre 1962 pour que soit supprimé l’Index des livres interdits à la lecture des catholiques.
Henri Pena-Ruiz, Maître de conférences à l’IEP de Paris, dans le Monde du 10 décembre, s’insurge, et nous partageons cette indignation, sur la récusation du terme « spirituel », plus large pourtant que « religieux », sauf à soutenir contre l’évidence que la religion détient le monopole de la spiritualité. Si la Charte ne va pas assez loin, sur ce point, la France a eu raison d’exiger le changement de terminologie.
« La laïcité implique un souci d’universalité, et le fait de mettre en avant un héritage spirituel s’ordonne légitimement à ce souci. Que pourraient penser, autrement, ceux dont la vie spirituelle ne se déploie dans aucune croyance religieuse, mais qui n’est pas moins riche et forte, sinon qu’ils sont exclus et ouvertement traités comme quantité négligeable ? »
« Oui à l’affirmation d’un héritage spirituel où la religion trouve sa place, à côté de l’agnosticisme et de l’athéisme, autres figures de la spiritualité et sources d’humanité au même titre qu’une certaine façon de vivre la foi religieuse. La concorde laïque est à ce prix. »
Raymond BELTRAN
le 14 décembre 2000