La laïcité progresse dans les idées en France, quoi que certains en disent, non pas dans son affirmation étroite, que l’on voudrait passéiste, mais dans l’aspiration de nos concitoyens à la coexistence du plus grand nombre. Cela se fait parallèlement à une moindre emprise religieuse dans la vie de tous les jours, autant pour les chrétiens que pour les musulmans.
Mais certains s’interrogent en ce qui concerne les autres pays. Nous ne sommes pas triomphalistes. Nous savons combien lentement avancent les idées qui ont demandé entre un et deux siècles pour s’imposer en France. Au point que des compatriotes croient, à tort, que le combat est fini et que le point de non retour est atteint.
Les lecteurs fidèles de cette chronique savent combien nous avons relevé d’avancées aux USA, au Canada, en Grèce, en Israël même (avant le retour de la violence) dans le sens de la séparation de ce qui est l’Etat et ce qui relève de la liberté de croyance des individus.
Ces mêmes lecteurs savent combien nous croyons que c’est grâce à la séparation des églises et l’Etat que la paix progressera dans des endroits comme l’Ulster, La Palestine-Israël, les pays de ex-Yougoslavie et tant d’autres... La laïcité n’est anticléricalisme que par nécessité de défense de ses valeurs devant l’intolérance religieuse. Elle est facteur de paix et de vie en commun, paisible, pour des individus provenant de cultures différentes et professant des croyances diverses, au milieu de non-croyants, tout autant sincères et honnêtes dans leur morale laïque.
Raymond BELTRAN
le 07 décembre 2000