


Trous de mémoire
Par raymond beltran, à 15:27 :: Société :: #406
Les « trous de la mémoire » n’ont pas fini de nous saisir. Autant qu’en matière de politique, l’histoire enseignée se conforme à un « politiquement correct » qui doit nous interpeller dans la recherche de la vérité.
Pour conforter une émergence nationale, ou pour la confirmer, des pans de l’histoire sont réduits au silence. Ils sont connus des historiens, mais ils ne sont pas enseignés. L’on préfère ne garder que les images d’Epinal qui renforcent une vérité officielle accommodante et réconfortante pour le grand public.
Ainsi, après les « 40 millions de pétainistes », d’Henri Amouroux, nous avons eu « Tous résistants », en 1945, et pourtant « La page n’est pas encore tournée ». Ainsi, après « Les grandes vacances » ou le « Caporal épinglé » qui racontent l’épopée des prisonniers de guerre en Allemagne, étaient passés à la trappe les camps d’extermination.
Ils ne commencent à émerger de la mémoire qu’à peine, alors qu’ils avaient failli être oubliés. Les victimes ont eu, au bout de 50 ans, un sursaut de mémoire, pour que ces horreurs ne disparaissent pas dans un oubli bien-pensant.
Ainsi, tous les carcassonnais ont entendu dire que la statue de Barbès avait été déboulonnée par les allemands, alors qu’elle avait été enlevée en février 42 et que les occupants allemands n’arrivèrent à Carcassonne qu’en octobre 42 !
Ainsi va la vie, où l’on préfère une « vérité » qui arrange et qui permet l’oubli des périodes troubles, confortant tous dans le beau rôle, plutôt que d’évoquer le peu de résistants, courageux et héroïques, qui ont porté le redressement auquel s’est ralliée, après, une majorité.
Les « trous de mémoire » n’ont pas fini de nous saisir...
Raymond BELTRAN
le 02 novembre 2000
