


1905 n'interdit pas les cultes
Par raymond beltran, à 11:49 :: République :: #379
Oui, la laïcité est a-dogmatique (avec a privatif) et non « dogmatique », comme une coquille (et non un lapsus) nous l’a fait dire la semaine dernière. Elle ne reconnaît aucun dogme, mais elle défend des valeurs.
Parmi ces valeurs, la principale est le respect de la liberté de croyance et de conscience : tous ont le droit de croire ou de ne pas croire ; tous ont le droit de pratiquer, ou de ne pas pratiquer une religion. La liberté de choix est, pour nous, totale, sans pression éducative officielle, sans prosélytisme faisant pression moralement sur les individus. C’est ainsi que nous condamnons les manipulations des intégrismes, des sectes et autres « religions » y ayant recours.
Donc, l’Etat, organisation commune à tous les citoyens, ne peut être au service d’une religion : la loi de 1905 décide que « l’Etat ne reconnaît ni ne subventionne aucun culte ». C’est la séparation des églises et l’Etat qui est une loi fondamentale de notre République.
Lorsque le Maire de Nice écrit que « les mosquées, qui sont un lieu de culte, ne peuvent pas se concevoir dans une République laïque », il applique la loi de 1905 de façon intentionnellement tendancieuse et discriminatoire au culte musulman.
La loi de 1905 conçoit très bien les lieux de culte, qui ne sont pas interdits par elle ni pour les musulmans ni pour les autres. Mais elle dit, que l’Etat n’a pas à les subventionner, pas plus que les cultes chrétien, juif ou bouddhiste.
Ne pas subventionner ne veut pas dire interdire. La laïcité est respect des croyants mais non prise en compte de leurs frais de culte, pas plus pour les uns que pour les autres.
Raymond BELTRAN
le 21 septembre 2000
