Ils partent d’une revendication culturelle légitime : faire connaître l’histoire locale et maintenir la langue de la région. Ils suscitent la sympathie et s’assurent ainsi la complicité naturelle d’une large partie de la population.
Mais, pour une minorité d’exaltés maximalistes, la revendication culturelle devenant politique, et elle le devient toujours, l’exigence culturelle débouche sur le terrorisme.
Il s’agit alors d’imposer une solution politique minoritaire à la majorité. La terreur aveugle, ou la terreur ciblée, deviennent les moyens de leur objectif.
Qu’on arrête les comparaisons injurieuses ! Si les nazis ont traité les résistants de terroristes, les « nationalistes » bretons, basques ou corses ne sont pas soumis au même régime que dans l’occupation. Ils ne courent pas les mêmes risques. Ils ne risquent pas leur vie, sauf souvent entre eux...
Il faut arrêter l’ambiguïté : le soutien culturel ne peut pas justifier une sympathie, même gênée, pour les auteurs d’actes terroristes. Le terrorisme n’est pas défendable en démocratie. Il faut arrêter l’hypocrisie qui accepterait les fins, donc les moyens, tout en désavouant la méthode, mais en défendant ceux qui l’emploient !
Un journaliste a été assassiné en Espagne parce qu’il s’opposait, dans ses écrits, à l’ETA ; une jeune femme est morte en Bretagne parce qu’elle n’a pas eu de chance ; d’autres sont victimes de règlements de compte en Corse parce qu’ils n’acceptent pas la loi de certains...
Peut-on faire des responsables de ces actes des « démocrates », des « résistants » ou ne sont-ils pas simplement des assassins et de futurs soldats pour régimes totalitaires ?
Raymond BELTRAN
le 10 mai 2000