La laïcité a un présent : préserver les acquis qui ont permis, en passant par l’école laïque, l’unification de la nation française et l’intégration d’apports culturels divers.
La laïcité a un avenir, qui résulte de son passé : elle a été, elle est et elle sera un outil permettant de vivre ensemble, si l’on ne la dénature pas.
Si la laïcité a fait ses preuves chez nous, son concept est peu connu dans d’autres pays. Mais elle est une valeur universelle.
Les affrontements ethniques, religieux et culturels provoquent des massacres que le passé, comme l’histoire présente, nous ont fait connaître. La menace de revanches du passé entre minorités communautaires reste présente.
Mais la laïcité permet la coexistence, qui respecte les diversités culturelles, les croyances et les non croyances. Ecartées des institutions officielles, les opinions et religions sont pleinement assumées dans le domaine des choix privés. La laïcité exige le respect de la loi par tous et la liberté de croyance. Elle interdit le prosélytisme officiel.
Ce que l’évolution historique française a obtenu progressivement depuis la Révolution jusqu’aux lois laïques de 1882, pourrait servir de modèle pour faire coexister, par exemple, les Bosniaques musulmans, les Croates catholiques et les Serbes orthodoxes dans ce chaudron de revanches qu’est l’ex-Yougoslavie, ou bien Israël, et tant d’autres foyers potentiels...
Les pays concernés ne manquent pas où l’idée laïque pourrait apaiser les oppositions xénophobes entre voisins, qui n’attendent que l’heure du prochain embrasement.
Raymond BELTRAN
le 27 janvier 2000