Il est vrai que les départements d’Alsace et de Moselle sont, depuis Napoléon I, sous régime concordataire, dérogeant au droit français de séparation des Eglises et de l’Etat.
Il ne faudrait pas que cette situation devienne chose admise ailleurs, en raison d’un recrutement national au CAPES.
Est-ce favoriser l’éducation commune que de séparer enfants et les adolescents selon la religion de leurs parents (sans même tenir compte de leur pratique réelle) ?
Les non croyants devront-ils se dénoncer publiquement pour refuser de participer à ces cours de religion ? Va-t-on vouloir ségréger longtemps encore les enfants selon leur culture religieuse ? Certains, sous prétexte de laïcité « ouverte », souhaitent pourtant étendre à toute la France cette exception concordataire.
Nous tenons trop à ce que les jeunes reçoivent tous un enseignement commun, gage d’intégration dans la nation française, garantie de disparition des oppositions qui ont fait le Kosovo et la Bosnie.
La religion est une liberté de conscience que nous respectons. L’Ecole ne nie pas ce droit en refusant d’instaurer en son sein ce qui aggraverait les ségrégations.
La vie privée, qui ne se limite pas à la maison stricte et fermée, permet d’exercer cette liberté sans autre retenue que les règles de la vie en société et la liberté de conscience des autres. Préservons en France la chance de l’Ecole laïque. Luttons pour améliorer son excellence. Ne la compromettons pas avec des revendications partisanes et irresponsables.
Raymond BELTRAN
le 13 janvier 2000