Cette réflexion vient à l’esprit devant la décomposition « ethnique » de l’ex-Yougoslavie, en « nations » antagonistes, en cultures opposées, en religions adverses, en communautés ennemies.
Le cœur se soulève devant les horreurs injustifiables que cet antagonisme a suscitées. Nous nous interrogeons sur ces peuples qui vivent côte à côte depuis des siècles et qui se massacrent allègrement au nom d’options datant de l’empire ottoman. Nous nous interrogeons sur l’avenir de ces peuples pourtant si proches.
Le mur qui sépare les jeunes, dès l’école, selon leur « nationalité » culturelle et religieuse, les a maintenus dans une haine réciproque. Alors que l’unité ne peut venir que d’une école rassemblant les enfants de toute classe, de toute condition, de toute origine.
La France doit à son refus de l’institution de communautés et à l’efficacité de son brassage scolaire d’avoir conservé sa cohésion, malgré les vagues séculaires d’immigration interne et externe.
La chance des Balkans ne serait-elle pas dans l’intégration dans une Europe qui, s’inspirant des principes laïques, permettrait enfin une fusion dans une culture commune, qui apprendrait à oublier les revanches du passé pour bâtir un avenir commun ? Est-ce un rêve ?
Raymond BELTRAN
le 22 avril 1999