Le débat est passionnel. Il faut le dépassionner.
La laïcité est respect des croyances tant qu’elles restent dans le domaine privé et qu’elles n’agressent pas les autres. La coexistence dans la diversité n’est pas possible si l’effet racoleur du vêtement discriminant semble admis et que celui-ci devient un porte-drapeau rassemblant entre eux les enfants musulmans et les séparant des autres.
Il ne s’agit pas d’exclure des jeunes filles parce qu’elles sont musulmanes. Il s’agit de refuser qu’elles décident, sous la pression religieuse ou familiale, des matières qu’on peut étudier et de celles qui sont à rejeter parce que suspectes de contrarier la religion (éducation physique et sciences naturelles particulièrement).
L’exclusion n’a été prononcée que dans des cas extrêmes. Elle n’est pas la conséquence du port d’un tissu, mais de ce que celui-ci comporte.
L’école est laïque : elle accueille les enfants quelle que soit leur origine et quelle que soit leur religion. Elle est un creuset pour l’intégration de tous dans l’unité de la nation française. Il ne faut pas qu’il y ait discrimination entre les jeunes, ni imposée par l’école, ni créée par les parents.
L’acceptation des exigences de l’entourage des porteuses de voile entraînerait l’extension de celui-ci. Le refus de certains enseignements se répandrait sous la pression de groupes religieux, qui feraient de la surenchère entre eux. L’école éclaterait.
Raymond BELTRAN
le 18 février 1999