La loi Astier a voulu consacrer les cours professionnels. Le développement industriel et la mécanisation, qui avaient déqualifié la main-d’œuvre, nécessitaient pourtant, de plus en plus de main-d’œuvre qualifiée. La reconstruction de l’après-guerre, constatant le retard pris par la France, imposa cette reconnaissance.
Dès 1905, les CCI refusaient que les cours fussent organisés sur le temps de travail. Il y avait hostilité du patronat au contrôle de l’Etat et refus de l’obligation de cet enseignement. L’Etat dût prendre le relais.
La loi du 23 avril 1919 pose pour la première fois le principe d’un enseignement technique de masse, gratuit et obligatoire, s’ajoutant à la formation primaire existante. Elle se situe à un moment où la nécessité se fait sentir de développer l’enseignement professionnel au-delà des seules routines manuelles. Il n’y a pas alors, en ce domaine, de rivalité avec un enseignement dit « libre », c’est à dire privé.
En faire maintenant un recours pour détourner la loi Falloux, et autoriser ainsi à subventionner à guichets ouverts les écoles privées, confessionnelles, serait une dérive dangereuse. Il ne suffit pas d’ouvrir symboliquement des sections techniques pour autoriser le subventionnement sans limite d’un enseignement concurrent de l’Education Nationale.
A trop d’habileté juridique on finira par faire réagir les laïques du pays.
Que les élus n’oublient pas février 1994 et la capacité de réaction du pays républicain quand on voulut modifier la loi Falloux pour subventionner sans limites, avec des fonds publics, les établissements privés.
Raymond BELTRAN
le 07 janvier 1999