Nous récusons ceux qui font semblant de se couler dans le moule républicain pour mieux avancer vers un pouvoir qu’ils convoitent, qu’ils veulent utiliser afin de mieux étrangler les bases démocratiques de la société française. Leur démagogie s’appuie sur le nationalisme, sur la xénophobie, sur les difficultés d’une société en crise, rongée par le chômage et l’exclusion sociale.
Rien ne sert de dénoncer le Front National si, parallèlement, on ne combat les causes de son succès électoral. Nous combattrons toujours les extrémismes qui visent à discréditer la démocratie. Les Droits de l’Homme, que Le Pen ne signerait pas, s’appliquent à tous, sans distinction d’origine, d’ethnie ou de religion.
Mais nous refusons également de nous associer au silence pesant des élus, de droite comme de gauche, qui a accompagné les derniers plastiquages. La République est un Etat de droit. Celui-ci ne peut s’accommoder d’attentats terroristes, même si c’est pour défendre des intérêts légitimes. Autant nous les dénonçons en Corse que nous les dénoncerons dans l’Aude.
L’attentat se situe hors du cadre démocratique, qui implique débat. Il se situe hors du cadre légal de négociation et de revendication. Il impose par la force, par la peur, ce qui devient, alors, contestable.
Le terrorisme est, en démocratie, le fait de minorités qui veulent régner par la terreur face à des majorités silencieuses. Il y a peu de chemin pour passer d’une défense corporatiste à une situation maffieuse. Les dérives sont trop faciles... La Corse, après la Sicile, l’expérimente.
Raymond BELTRAN
le 10 décembre 1998