Pour nous, l’important n’est pas qui portera telle couronne de Miss. Ce qui est important est que l’on puisse la refuser à telle personne pour des raisons d’appartenance religieuse discriminant entre des nationaux.
Est-ce un avatar de plus dans le fatras de l’ex-Yougoslavie, qui attise encore les haines épuratives ? Mais... n’a-t-on pas refusé en Italie une telle désignation à une Miss Italie, d’origine sud-américaine, qui avait la peau trop foncée ? Mais... n’a-t-on pas refusé l’accès au concours Miss Monde à une Miss France native de Polynésie ?
Oui, les élections des Miss sont certainement des futilités, mais les discriminations religieuses, de couleur, d’origine, sont inquiétantes car elles ne s’arrêtent pas là. Les exclusions commencent dans la banalité de la vie quotidienne. Cela devient banal, puis, un jour, cela devient important. Un jour l’on s’aperçoit que cela s’applique aussi à l’essentiel. Cela peut, cela est arrivé, s’appliquer à la vie et devenir du massacre, ou du génocide, à force de banalité...
Nous voulons défendre, dans la citoyenneté, le droit d’être individuellement différents, mais tous égaux en droits. Nous refusons l’apartheid, le droit à la différence. Nous voulons maintenir l’intégration de tous dans la fraternité républicaine, à condition d’admettre les obligations que cette intégration suppose.
La laïcité est le droit de se différencier individuellement, tout en admettant l’égalité sociale qui permet la cohabitation de tous.
Raymond BELTRAN
le 29 octobre 1998