La démocratie veut que chacun puisse exprimer son opinion, éclairée par l’information et par les débats que les médias ont permis. Même si la présence religieuse, très conservatrice, comme d’habitude, a été trop appuyée. Même si l’exhibition d’une Bible dans l’hémicycle du Palais Bourbon était déplacée par rapport à la laïcité des institutions.
Le « parti catholique » nous semblait être disparu depuis le second Empire ! Mais il est vrai que la hiérarchie a fait fort pour influer sur le débat parlementaire.
Sans nous prononcer sur le contenu de la proposition de loi, affaire de citoyenneté personnelle et d’expression politique légitime, nous soulignons la nécessité que la loi s’adapte à la réalité des évolutions sociales.
Emmanuel Le Roy Ladurie, dans sa thèse sur « Les Paysans du Languedoc » (pp 34 à 42 éd. de poche) a souligné comment « le XVè siècle languedocien tend à restaurer, au-dessus des petites cellules conjugales, la vieille unité des sociétés ethnographiques »... « On remembre les familles comme on remembre la propriété ». L’adaptation de la société aux problèmes de l’époque, dans la période 1350-1480 amène le développement « des familles élargies, des affrèrements ou frèreches ».
Sans comparer les situations, sans comparer les solutions, l’élargissement aux fratries des dispositions du PACS, nous rappelle que les contrats de vie civile ne sont pas nouveaux.
Raymond BELTRAN
le 15 octobre 1998