C’est, en tout cas la loi de la majorité : une minorité peut avoir raison telle fois, et elle finira par « imposer » sa vue à tous. Mais cela doit se faire par la raison, par le débat et non par la force.
Admettre que du fait d’être minoritaire on a toujours raison et que la majorité a toujours tort est une conception dangereuse, car elle justifie toutes les dictatures, tous les intégrismes, qu’ils soient politiques ou religieux.
Sur quoi se fonderait le droit d’une minorité, incapable d’obtenir la confiance des électeurs, à imposer son point de vue, à une majorité rétive, par la force du terrorisme ?
Si la lutte armée est un droit naturel contre une dictature qui réprime et refuse la libre défense des idées et le libre choix démocratique, le terrorisme est l’arme des lâches qui, sans prendre les risques des combattants, veulent imposer, par la terreur, des idées qu’ils ne parviennent pas à faire accepter par la raison.
Les attentats terroristes, en démocratie, sont des actions antidémocratiques. Leurs auteurs sont des adversaires de la démocratie. Ils ne seront jamais partisans d’accepter les choix du peuple, persuadés d’avoir raison contre lui. Ils sont prêts à l’autoritarisme imposé. Ils ne peuvent pas être soutenus par les républicains.
Nous les condamnons, en Corse comme ailleurs !
Raymond BELTRAN
le 07 février 1998