Nous aurions condamné ainsi toute participation de fonds publics à toute école partisane ou confessionnelle.
Le C. L. R. a déjà eu l’occasion de rappeler sa position face aux religions : laïcité signifie tolérance, mais aussi opposition à privilégier une religion par rapport à d’autres. La loi de séparation des églises et l’Etat de 1905 interdit la subvention des cultes par l’Etat.
Il y a en France, liberté des cultes et des croyances. Cela est bien, et nous y tenons. Mais les citoyens sont divers. Ils « appartiennent » ou n’appartiennent pas à telle ou telle religion, ou ils n’en ont pas... Ils sont pourtant tous citoyens et l’Etat leur doit, à égalité des droits, une éducation que l’Ecole de la nation leur offre.
La ségrégation scolaire, qui forme les petits catholiques à part des petits musulmans et des non croyants est un danger à terme pour l’unité nationale. Ni l’Etat ni les Collectivités Locales n’ont le droit de la favoriser. N’oublions pas la Bosnie, le Liban et d’autres !
C’est aux fonds privés de financer les écoles privées, qui sont libres d’exister. Ce n’est pas aux fonds publics de favoriser l’emprise religieuse de s’étendre comme une chape sur la société. Les écoles intégristes, les écoles des sectes, pourraient argumenter de la même façon que les catholiques pour demander les mêmes faveurs. Voulons-nous persévérer dans ce sens ?
Il est temps de raisonner sainement : l’avenir et l’unité nationale sont engagés par la laïcité des institutions.
Raymond BELTRAN
le 24 janvier 1998