Nous ne devons pourtant pas rêver au retour à une morale scolaire, coupée du réel, que Pagnol avait ridiculisée, en 1928 déjà, en écrivant « Topaze ».
Il faut dépasser l’ambiance détestable des « affaires ». Les jeunes doivent bénéficier des exemples des adultes. Il faut les responsabiliser aussi et les impliquer dans la vie démocratique de la cité.
Les incivilités qui pèsent tant à nos concitoyens relèvent d’une attitude destructrice. La société est notre bien commun. Elle ne peut subsister sans règles admises par tous. La contestation de ces règles ne peut se concevoir sans la recherche de leur amélioration.
Nous sommes dans une situation comparable à celle des années 30 : crise économique, chômage, enrichissement sans limite de certains et pauvreté très grande de beaucoup, mais aussi crise démocratique et contestation des élus. Seule différence, seul espoir, la plus grande perspective de paix qu’a apporté la construction en cours de l’Europe.
Méfions-nous de ne pas déboucher sur la mise en cause de la République. Ce fut le cas en France en 1939 à la faveur de la défaite militaire, mais, en Allemagne, Hitler arriva au pouvoir de façon démocratique. Ne l’oublions pas !
Il est urgent de réagir et de se concerter pour réhabiliter le contrat social dans un Etat de droit.
Raymond BELTRAN
le 27 novembre 1997