Cette situation est intolérable. Toute une fraction de la jeunesse vit dans la désespérance et l’exclusion de l’avenir, principalement dans certains quartiers des banlieues, où ces taux dépassent souvent les 40 %. Même les jeunes ayant prolongé des études ne sont pas sûrs d’avoir un emploi après.
Le droit à l’éducation, dans l’Ecole, est acquis et préservé en France. Le droit au travail est loin de l’être. Or, sans travail, sans la perspective d’une place dans la société, des jeunes sont nombreux à se considérer comme exclus. Dans ce cas, la recherche d’une identité personnelle se fait en dehors des normes sociales, en marge de la société, et souvent, malheureusement mais logiquement, dans la violence et parfois dans la délinquance.
Il est urgent, et cela ne relève pas de la seule Ecole mais de toute la Société, de trouver le moyen d’ouvrir un espoir à la jeunesse. Toutes les forces vives du pays doivent se donner pour objectif prioritaire l’occupation des jeunes et la création d’emplois. Cela ne doit pas demeurer un vœu, mais une exigence prioritaire pour tous. Une priorité sociale et une exigence de solidarité pour tous les citoyens, pour toutes les entreprises et pour tout employeur.
Alors, seulement, on pourra parler d’intégration sociale, de civisme et de morale civique.
Raymond BELTRAN
le 31 octobre 1997