C’est une promesse d’égalité de chances et de fraternité vécue entre des jeunes qui vivent ensemble leur enfance et leur adolescence.
Mais, la laïcité n’a jamais été neutralité par rapport à n’importe quoi. L’école laïque, dès le début de la IIIè République, a servi à donner une cohésion à l’ensemble hétérogène qu’était la France d’alors. Elle a servi à faire des citoyens républicains après la monarchie, l’Empire et la défaite de 1870. Si ses défenseurs ont été parfois anticléricaux c’est parce que l’Eglise catholique de 1880 refusait la République, qu’elle voulait garder son influence dans l’enseignement public et son contrôle sur celui-ci, ce qui s’est encore renouvelé après 1945.
Aujourd’hui, comme hier, la laïcité est garantie d’intégration dans la nation de tous les enfants vivant en France, quelle que soit leur origine géographique ou religieuse. Au moment où le Liban, l’Irlande, Le Rwanda, la Belgique, etc..., à des degrés divers, nous montrent les effets des divisions religieuses, culturelles ou ethniques, retenons la chance que les lois laïques ont donné à la France. Appliquons-les, au lieu de les dire dépassées ; appliquons-les sans les dénaturer.
La laïcité ne s’arrête pas à l’Ecole. Elle exige qu’on sépare le domaine de la vie publique de celui de la vie privée. Chacun et chacune a droit à la religion de son choix, aux traditions culturelles de sa famille, s’il le veut. Les institutions du pays, dans la tradition républicaine française, ne reconnaissent pas les communautés, mais les citoyens individuellement.
La loi essentielle de la République Laïque, garantissant les libertés de conscience et d’opinion, est celle de 1905, de séparation des Eglises et de l’Etat, traduction moderne du « Rendez à Dieu ce qui est à Dieu et à César ce qui est à César » des Evangiles.
Raymond BELTRAN
le 30 juillet 1997